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Cet article fait partie du dossier "Intégrismes"

C’est celui qui le dit qui l’est

Abbé Guillaume de Tanoüarn

Nouvelle revue CERTITUDES - octobre-novembre-décembre 2001 - n°08

Les enfants n’ont pas toujours tort. On dit même que la vérité sort de leur bouche. Même si ce qu’il est convenu d’appeler la grande histoire n’a rien à voir ni avec une bataille de boules de neige pour adultes ni avec un colin-maillard pour grandes personnes, il reste que le fin mot de cette histoire de mots appartient au langage de la cour de récréation. La vieille histoire de l’arroseur arrosé se reproduit : on est toujours l’intégriste de quelqu’un. On a pu saisir à travers ce dossier pourquoi c’est celui qui a utilisé ce vocable pour disqualifier — voire pour tuer socialement — qui se trouve obligé aujourd’hui défaire la preuve de son intégristo-négativité, ainsi que l’a bien montré François Huguenin ici même. L’homme moderne est intégriste à proportion de sa modernité. J’entends d’ici un ami et néanmoins collaborateur de notre revue me dire : « Mais qu’est-ce donc que la modernité ? Vous en avez plein la bouche, il faudrait un jour se décider à faire un dossier de Certitudes sur ce sujet ». Il est vrai que le terme est abstrait... On m’accordera facilement cependant qu’une société peut être dite moderne lorsqu’elle manque de repères collectifs, lorsqu’elle est incapable de se projeter dans un bien qui soit véritablement commun à ses membres. Pour survivre, cette société devra multiplier les réglementations : là où la Loi commune fait défaut, fleurissent les décrets, comme disait déjà Aristote. Là où le vivre ensemble fait problème, on assiste à des recompositions compensatoires de type communautariste, justifiant en interne les comportements les plus excentriques (ou les plus dangereux). C’est cette nébuleuse sociale que nous appelons intégrisme. Est-ce uniquement un phénomène religieux ? L’usage de la langue montre bien que désormais l’intégrisme n’est plus seulement religieux. Il désigne toutes les formes (agressives ou non) de chauvinisme fusionnel.

A tous les professeurs de morale, qui sont prompts à dénoncer l’intégrisme prétendu des traditionalistes, nous disons sereinement : Médecin, soigne toi toi-même.